Depuis toujours, j’ai eu l’intuition qu’être psychothérapeute sans pouvoir accompagner mes client(e)s dans leur intimité et leur sexualité était un non-sens. C’est pour cela que je me suis formé pendant deux ans à la sexothérapie, et pendant des années au massage.
Les difficultés sexuelles ne sont pas toujours d’ordre physiologique ou psychologique : elles traduisent souvent une difficulté dans l’intimité, qui peut être de plusieurs ordres.
1. L’intimité physique : être coupé de son corps
Certaines personnes ne sont pas à l’aise avec le contact et le toucher, comme coupées de leur corps. Elles n’aiment pas trop prendre ou être prises dans les bras, évitent les câlins, n’aiment pas regarder la télé « collés », embrassent peu. Leur conjoint les décrit comme « pas tactiles ». L’intimité sexuelle est alors évitée, ou devient fonctionnelle.
2. L’intimité émotionnelle : tout passe par le mental
D’autres personnes sont coupées d’elles-mêmes : très mentales, elles sentent peu leurs émotions. Tout est analysé, filtré, décortiqué. Se regarder dans les yeux déclenche du malaise, de la fuite, de la nervosité. Ressentir l’amour, l’exprimer, le recevoir est compliqué. Faire l’amour peut devenir inconfortable, parce que l’intimité invite à être proche de soi et de l’autre.
3. L’image de soi : « Comment peux-tu me désirer avec le corps que j’ai ? »
Cela concerne le plus souvent les femmes, qui ont pour beaucoup une mauvaise image de leur corps. Dans la dictature esthétique de notre société, elles trouvent toujours du « trop » ou du « pas assez », et ont du mal à accepter que leur compagnon puisse aimer leur corps sans réserve. Cela peut aller jusqu’à ne faire l’amour que dans le noir.
Les hommes peuvent aussi être affectés, par exemple par une prise de poids au niveau du ventre dès la cinquantaine. Enfin, il est parfois difficile d’intégrer les changements du corps du conjoint (maladie, grossesse, vieillissement), ce qui peut impacter le désir.
Quand l’intimité disparaît, il ne reste parfois que le conflit
Ces différents champs peuvent se combiner et rendre la sexualité insatisfaisante, rare, voire inexistante. J’ai reçu des couples qui n’avaient plus de sexualité depuis des années pour ces raisons. Sans intimité, et si le lien n’est pas nourri par ailleurs, il ne reste parfois que le conflit pour être en relation.
Comment je vous accompagne
En thérapie de couple, le travail consiste d’abord à recréer du lien et à accompagner chacun à se reconnecter à son corps et à ses émotions, pour à nouveau rencontrer l’autre et se laisser rencontrer. C’est une véritable rééducation, qui demande du temps. Elle gagne à être enrichie de séances individuelles, où chacun explore ses propres limitations à l’intimité.
Pour les femmes en conflit avec leur corps, le massage reconnectif est un outil magnifique pour se réconcilier avec lui ; ses effets sur l’intimité peuvent être très rapides.
La bonne nouvelle : si chacun est volontaire pour évoluer, il est possible de tisser rapidement de nouveaux liens, plus entiers et plus authentiques, qui nourrissent la relation, la vie intime et l’envie d’être proches.
Pascal Gayot, thérapeute de couple et sexologue à Sautron (près de Nantes) et à Bois-d’Ennebourg (près de Rouen). Prendre rendez-vous.